11 juin 2012

Mon nouveau blog : http://1propositionparjour.wordpress.com/


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01 août 2011

Comment choisir un(e) candidat(e) à la Présidentielle ?

1/ La personne : son expérience, sa capacité à prendre des décisions, sa capacité à faire travailler ensemble un collectif, sa notoriété et sa crédibilité dans l’opinion publique, son indépendance par rapport au flot incessant des médias et de l’opinion

2/ L’entourage : des personnalités qui incarnent des idées, des positions et des combats politiques et des visions claires des problématiques et des solutions possibles

3/ Les idées : des valeurs de gauche, des combats passés ayant prouvé cet engagement, une vision claire des principaux enjeux de la société française et européenne, des engagements qui correspondent aux valeurs et non à des calculs politiques à courte vue

10 juin 2011

Energie solaire - le plus grand salon mondial à Munich

Assez impressionnant, des exposants de panneaux solaires sur plusieurs milliers de m2. Un dynamisme qui ressemble beaucoup au développement des start-up de l'Internet au début des années 2000.

16 décembre 2008

Article Libé - Ambiance à Solférino

Aubry fait l’état des lieux au PS
La nouvelle équipe dirigeante du parti a pris ses quartiers rue de Solferino.

Libération - 16/12/2008
DAVID REVAULT D’ALLONNES

Solferino, année zéro. Dix jours après l’officialisation de la nouvelle direction, c’est à tâtons que Martine Aubry et son équipe s’installent aux commandes du navire socialiste. Alors qu’ils retrouvent leurs amis royalistes, ce soir à l’occasion du premier bureau national (lire page suivante), les nouveaux patrons commencent à peine à prendre leurs marques au siège du parti. «Ils se sont installés dans le cockpit, commente un secrétaire national. Et ils regardent les boutons en se disant : "Ça brille."»

Après onze ans de règne de François Hollande, pas facile de saisir d’emblée le mode d’emploi de l’appareil. Pascale Boistard, nouvelle responsable à l’organisation, résume : «On trouve une situation compliquée. L’ampleur du chantier est énorme. On a tout à réinventer.»
L’accueil, c’est un euphémisme, a été plutôt frais : le système de chauffage, de longue date défaillant, a encore frappé. «Avec la fatigue du congrès, on a tous chopé la crève», rapporte un aubryste. Y compris la première secrétaire. Quant à la passation de pouvoir, elle s’est limitée au minimum syndical : un entretien assez formel d’une heure et demie entre François Hollande et Martine Aubry, le 26 novembre, sollicité la veille à minuit par le staff de cette dernière. En prenant possession de son bureau, au premier étage, la première secrétaire a remarqué, sur la grande bibliothèque où figuraient encore tous les ouvrages hérités de l’ère Jospin, trois livres bien en évidence : ceux de Jean-Christophe Cambadélis et d’Arnaud Montebourg, deux de ses alliés et des plus farouches adversaires d’Hollande. Et le sien…

Nombre de nouveaux arrivants évoquent une ambiance d’alternance ministérielle. François Lamy, premier lieutenant d’Aubry, l’a raconté en réunion de motion : «Dossiers vides, armoires vides, tiroirs vides. Comme en 1981. Sauf qu’en 81, la droite nous avait laissé les trombones !» Une différence de taille, néanmoins : «Ce n’est pas l’ennemi de classe qui s’installe, rappelle Cambadélis. On est quand même socialistes…» Stéphane Le Foll, ancien bras droit d’Hollande, se défend d’avoir pratiqué la politique de la terre brûlée : «J’ai bien vérifié : tout a été archivé ! Les seuls dossiers qu’on a gardés, c’est des notes que j’avais fait passer à François. On n’était quand même pas obligés de laisser des courriers personnels…» Et d’ajouter, à l’intention de ceux qui s’étonnent de la disparition de la liste des parlementaires : «C’est une plaisanterie ! Il y avait des parlementaires secrets ou quoi ?»

«Cadavre». Un cadre résume : «Le système Hollande reposait sur une absence de décision politique. Aubry se trouve dans la situation de trouver un cadavre dès qu’elle ouvre un placard.» Un audit interne va être confié à Didier Migaud, président de la commission des finances de l’Assemblée. Mais certaines décisions n’ont pas attendu : le contrat de l’attachée de presse de Royal, rémunérée par le parti depuis la présidentielle, n’a été reconduit que pour un mois. «On n’est pas la vache à lait d’une structure qui n’a rien à voir avec le PS», lâche Pascale Boistard. Bref, autant dire que le cabinet de la nouvelle patronne, débordé, «découvre un nouveau continent», résume un secrétaire national. D’autant qu’également dircab d’Aubry à la communauté urbaine de Lille, le nouveau directeur du cabinet de la première secrétaire, Jean-Marc Germain, n’est pas un habitué de l’appareil. Le signe, assure-t-on, d’un retour en puissance des secrétaires nationaux.

Trombinoscope. Aubry a ainsi commandé des notes à plusieurs d’entre eux : Alain Vidalies sur les licenciements, Michel Sapin sur le plan de relance. Un trombinoscope des permanents, «qui n’existait pas au PS depuis 1997», rappelle l’un d’eux, a également été demandé. Dans cette ambiance studieuse, le jeu de chaises politiques réserve néanmoins quelques amusantes surprises. Premier lieutenant de Bertrand Delanoë, Harlem Désir a récupéré le bureau autrefois proposé à Royal, pour laquelle il ne s’est jamais montré très tendre. Cambadélis, lui, hérite non seulement des relations internationales du PS, autrefois dévolues à Pierre Moscovici, son meilleur ennemi au sein du courant strauss-kahnien, mais aussi de son bureau. Lequel a été, lui aussi, soigneusement vidé…

12 décembre 2008

« Le Parti socialiste est de retour » - Martine Aubry le 25/11/2008

DISCOURS de MARTINE AUBRY à la MUTUALITE - Mardi 25 novembre 2008

Chers camarades,

j’ai d’abord un seul mot à vous dire : merci.

Le second va immédiatement à Ségolène pour lui dire : on va, ensemble, gagner pour les Français, j’en suis convaincue.

C’est bien sûr avec à la fois beaucoup d’émotion et de gravité que je reçois la responsabilité que vous me confiez aujourd’hui en pensant d’abord aux femmes. Aux femmes qui se sont battues avant nous pour qu’existe une parité en politique : après que Ségolène ait été la première femme en France candidate à la présidence de la République, je suis fière au nom de toutes les femmes qui se sont battues d’être la première femme Première secrétaire du Parti socialiste.

Je voudrais dire aussi que je sens une responsabilité lourde, mais cette responsabilité lourde, je ne peux l’accepter que parce que vous êtes là vous les quelque 200 000 militants du Parti socialiste. Cette responsabilité de premier secrétaire a été tenue par des hommes et des femmes éminents, François Mitterrand, Pierre Mauroy -que chacun comprendra que je salue particulièrement-, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, que je salue, Henri Emmanuelli aussi et bien sûr toi, François, à qui je pense tout particulièrement ce soir.

Je voudrais d’abord m’adresser aux militants. Aux militants parce que, dans ce congrès, jour après jour, soir après soir j’en ai rencontrés beaucoup, et que tous se sont battus pour ce qu’ils croient profondément, pour les valeurs du socialisme, pour la conviction qu’ils ont que ce qu’ils proposaient étaient les bonnes réponses pour les Français. Je crois que nous avons su débattre et discuter à la hauteur de ce qu’est notre parti, un immense parti démocratique. Alors, on peut rire, on peut se moquer de nos débats, de nos discussions mais j’ai envie de dire à la droite : riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le Parti socialiste est de retour dans les rues, et avec des propositions. Et uni.

Je voudrais dire à tous les militants : bravo pour ce travail. Je voudrais dire à Ségolène et à ses amis -dont je comprends aujourd’hui la réaction tout à fait naturelle - que nous avons tous défendu ce que nous croyons juste. Je crois que si nous voulons changer ce parti, il faut d’abord que nous acceptions cela. Accepter que, dans un grand parti démocratique, nous puissions penser différemment en nous respectant et j’irai même plus loin, penser différemment en nous faisant confiance, en pensant que, en chacun d’entre nous, il n’y a qu’un seul souci, servir les Français et pour servir les Français, servir le Parti socialiste. Si nous arrivons dans les jours, dans les mois qui viennent, à donner des signes concrets que cette unité du parti et de l’ensemble des militants est possible, ce congrès de Reims restera comme un congrès qui aura permis à notre parti, de changer profondément à un moment où le monde a changé et où les militants nous ont demandé de changer profondément et de nous renouveler. Voilà un peu l’état d’esprit qui est le mien.

Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu et les résultats extrêmement serrés qui en découlent ne me donnent que des devoirs. Le premier devoir qui est le mien, c’est, si elle l’accepte, de rencontrer Ségolène. J’ai entendu, comme elle, ce que nous ont dit les militants à Reims et derrière les militants ce que nous ont dit les Français : « nous voulons retrouver la politique et la gauche, nous voulons un Parti socialiste qui nous défende alors que nous n’avons même plus le courage de nous battre car on a l’impression que nos voix ne sont plus entendues par les pouvoirs en place ». Oui, nous allons revenir avec les valeurs qui sont les nôtres, mais aussi avec les réponses d’aujourd’hui, ce qui nécessite beaucoup de travail. Puis, ils nous ont dit : « il faut renouveler profondément le Parti socialiste, ses pratiques, son fonctionnement ». Les voix qui se sont portées sur Ségolène comme d’ailleurs sur Benoît Hamon sont aussi des voix qui nous ont dit profondément que certains portaient plus que d’autres le renouvellement. J’ai intégré cela depuis le premier vote des militants.

Notre prochain Conseil national sera sans doute fixé au samedi 6 décembre. Une ligne politique a été arrêtée avec une majorité lors du congrès, mais que, au-delà de cette ligne politique, ancrée à gauche, qui nous impose d’être sur tous les terrains pour défendre les Français, pour défendre les Français qui sont inquiets devant les licenciements qui arrivent, pour défendre les Français qui perdent en pouvoir d’achat, pour défendre les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, pour être capable dès le week-end prochain d’être auprès de nos camarades des partis socialistes et socio démocrates européens pour changer l’Europe pour un autre monde, d’être capable effectivement d’être sur ce terrain-là et d’y travailler dans une ligne politique ancrée à gauche, il faudra aussi profondément nous renouveler. Il faut véritablement que, dans les équipes que nous allons constituer, il y ait des changements profonds, il faut renverser la table : bien sûr de nouveaux visages, des hommes et des femmes de tous les territoires et de toutes les cultures aux couleurs de la France, une parité absolue dans toutes nos instances ; mais aussi il nous faut aussi renouveler nos attitudes, nos comportements, nous rouvrir sur la société, nous rouvrir vers des hommes et des femmes qui ont envie de construire un projet de gauche face à cette loi du plus fort que nous impose le libéralisme, face à cette puissance du financier par rapport à l’économie, face à ces inégalités qui s’accroissent dans notre pays et dans le monde.
Il faut faire appel à eux, il faut le dire, le Parti socialiste est à nouveau ouvert pour travailler avec vous, pour évidemment un projet porté aux Français, mais aussi porté aux Européens pour un autre monde.

Mon devoir dans les heures qui viennent, c’est de faire en sorte que, sur une ligne qui est celle que les militants ont choisi au congrès, nous soyons capables d’être unis dans un mode de fonctionnement que je vous proposerai, où les élus trouveront toute leur place. Car rien n’est plus étonnant aujourd’hui de voir combien les Français nous font confiance, là où nous sommes et parfois même nous plébiscitent dans nos villes, dans nos départements et dans nos régions et de dire que nous n’utilisons pas cette force extraordinaire des élus et des militants pour construire le projet de demain et là aussi il nous faudra changer nos pratiques. Nous avons par ailleurs des députés et des sénateurs qui se battent sur le front contre les lois de Sarkozy et même contre les amendements qui arrivent nuitamment pour pousser la retraite à 70 ans. Ces coups-là, nous devons les préparer, il faut que nos parlementaires soient au sein du Parti, il faut que nous débattions avec les présidents des 2 groupes parlementaires, il faut que nous soyons unis pour combattre la droite, mais aussi pour contre-proposer car c’est aussi cela qu’attendent les Français.

Tous les jours on nous annonce un cadeau fiscal pour les plus riches, tous les jours nous apprenons un recul dans le domaine social, que ce soit à la Poste, dans l’audiovisuel, la retraite à 70 ans, le développement du contrat à durée déterminée… Dans nos collectivités locales nous avons à nous battre contre la restriction des crédits et surtout pour accompagner tous ceux qui vivent actuellement des licenciements ou qui vont en vivre. Nous avons donc le devoir d’être ensemble par rapport à cette situation et de nous mettre au travail pour que, dans deux ans, nous soyons capables d’avoir le projet qui permettra à celui ou à celle qui alors sera choisi de représenter nos couleurs.

Je veux une équipe unie où toutes les sensibilités se sentent bien. L’équipe unie ne veut pas dire que l’on oublie ses fidélités, je ne demande à chacun non pas d’oublier ce qu’il est, ce à quoi il croit, la personne à laquelle il est attaché et c’est cela aussi la politique des liens d’affection, de fidélité qui se nouent, je demande à chacun de dire d’abord : nous sommes tous socialistes nous voulons porter en avant notre parti pour que les Français à nouveau aient l’espoir.

Nous avons une feuille de route collective, dès demain, à mettre en place : rassemblement, renouvellement profond, et travail.

Nous allons le faire ensemble pour incarner à nouveau l’espoir. Nous devons être à la hauteur. Je sais qu’il faudra beaucoup de courage et de ténacité mais je sais que chacun d’entre vous pensez actuellement aux militants et aux Français qui voient ce qui se passe depuis quelques jours dans notre parti et se lamentent. C’est en pensant à eux et en pensant à tous les militants que je dis: rassemblons-nous, unissons-nous autour d’une ligne de gauche, celle que nous avons voulue lors de notre congrès, mais aussi autour d’un profond renouvellement qui fera que le Parti socialiste, si j’osais, s’appelle le nouveau Parti socialiste ; en tout cas qu’il garde l’essentiel, les valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité qu’il a toujours défendues.

09 octobre 2007

Vive BHL

Je crois que nous devons partager les opinions de BHL sur 2 points :
- le rôle néfaste de Chevenement dans les campagnes de 2002 et 2007,
- la dénonciation de la pensée maurassienne des conseillers de l'Elysée (avec pour point d'orgue le discours de Dakar).


Extraits choisis du discours de Dakar :"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès ."

[...]
"La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l'universel et à l'histoire ."

03 octobre 2007

Laurent Joffrin : « En finir avec les grands écarts entre les textes et les actes. »

Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, appelle les socialistes à faire coïncider leurs principes avec leur mise en pratique, en s’inspirant notamment des expériences réussies des gouvernements sociauxdémocrates.

Ma meilleure formation, ce fut le Parti. C’est au Parti que j’ai appris le débat, l’histoire politique, les discussions théoriques sans fin, les ambitions, les manoeuvres, les hommes dans leur faiblesse et leur énergie. Je ne suis plus socialiste depuis longtemps,sinon par l’adhésion à des valeurs simples. Mais j’ai gardé au coeur la fièvre militante des vingt ans, quand l’avenir nous appartenait.J’était entré un jour de l’hiver 1972 dans une salle de danse vétuste qui avait gardé sur sa droite la barre de bois et la grande glace des ballerines. Située rue de Trétaigne, elle servait le soir aux réunions de la 18e section de Paris dont le membre le plus glorieux, petit homme d’une grande drôlerie, s’appelait Daniel Mayer,chef du parti sous l’Occupation et fils spirituel de Léon Blum. J’arrivais là après Claude Estier, Daniel Vaillant, Jean Peyrelevade mais avant Lionel Jospin et Bertrand Delanoë.

Années fortes qui ont vu la naissance de l’Union de la gauche et la montée difficile vers le pouvoir, sous l’impérieuse direction d’un Mitterrand dont nous autres, militants de base, surveillions la réalité de la conversion au socialisme… La raideur doctrinale et le maximalisme étaient de règle, surtout chez les jeunes. Si bien qu’après 1981, je fis retour sur ces années trop idéologiques qui furent, on le sait bien, démenties au pouvoir au moment du « tournant de la rigueur » de 1983, comme elle seraient démenties plusieurs fois ensuite par d’autres gouvernements socialistes. L’écart entre les mots des années 70 et les choses des années 80 coûta cher à la gauche. Peu de choses, au fond, ont vraiment changé. Les socialistes, continuent, moderato cantabile, de pratiquer le grand écart entre les textes et les actes,les motions de congrès et les décisions de gouvernement. Cette maladie chronique qu’on appelle le guesdisme – ou le molletisme – immobilise leur pensée et obère leur avenir. Trois réflexions, donc.

Sur le plan théorique, justement, les socialistes doivent proclamer, une fois pour toutes et expérience faite, que la grande querelle philosophique du début de siècle ouverte par Bernstein contre les marxistes orthodoxes a été tranchée par l’histoire et que Bernstein avait raison. Mille excuses pour revenir à une discussion oubliée. Mais les grands ancêtres ont cette vertu qu’ils ouvrent la voie. Bernstein avait vu le premier que le socialisme n’était pas seulement l’expression du mouvement ouvrier, c’est-à-dire du mouvement de l’Histoire animé par la lutte des classes, mais une protestation de tous les temps et de toutes les latitudes contre l’injustice du monde. Rompant avec le marxisme, il faisait dépendre l’action politique, non des pratiques concrètes dérivant de la protestation de classe, mais de valeurs universelles fondées en raison.

Le socialisme n’est pas la simple expression politique d’une classe ou d’un front de classes. Il est le parti de la justice. Il s’ensuit qu’il ne saurait pratiquer la religion des moyens. Il doit se concentrer sur les fins pour ensuite définir les meilleurs moyens d’action. La religion des moyens, c’est la sacralisation des instruments hérités du passé,nés de la lutte des classes et du combat des gauches : un État fort, une école centralisée, un statut rigide pour les fonctionnaires, un mépris pour les déficits, des protections toujours plus rigides en faveur des salariés en place, des entreprises publiques qu’on décrète intangibles (mais qu’on privatise néanmoins une fois au pouvoir : toujours le molletisme). Or ces outils classiques du keynésianisme et du jacobinisme ne marchent plus, pour l’essentiel. Ils échouent, en tout cas, à réduire le chômage de masse, à maintenir les protections sociales et à assurer l’égalité des chances. Ils doivent être réformés.

Une politique sociale qui réussit en usant de nouveaux instruments est-elle plus à droite qu’une autre qui échoue en s’en tenant aux moyens orthodoxes? Si la baisse du chômage passe par une réforme du marché du travail et un encouragement de l’entreprise, faut-il s’en priver parce que ces moyens d’action ne figurent pas dans l’arsenal habituel des socialistes? Si la réussite scolaire des enfants les plus défavorisés passe par une évaluation des établissements, un renforcement des responsabilités des chefs d’établissement et une différenciation plus grande des salaires des professeurs, faut-il condamner ces moyens d’action pour hérésie antisocialiste ?

Les socialistes sont internationalistes. Mais quand on leur parle de leurs camarades de l’Internationale socialiste, ils n’ont que méfiance, distance et jactance. Mentionne-t-on Blair qui a obtenu des résultats en matière de chômage ? C’est un émule de Thatcher. Les Scandinaves qui maintiennent depuis longtemps la prospérité et l’égalité dans leurs sociétés ? Leurs méthodes sont inapplicables en France, leurs pays sont tout petits, ils sont tristes et disciplinés, ils sont protestants, etc. Les Espagnols qui ont fait progresser leur pays à pas de géant vers la modernisation ? Ils sont horriblement droitiers et d’ailleurs tout ne va pas bien en Espagne (il est vrai que la France est un paradis…) ! Le reste à l’avenant.

Alors que les expériences des sociaux-démocrates européens, confrontés eux aussi à l’obsolescence des moyens classiques du socialisme et aux contraintes de la mondialisation, est évidemment précieuse. Mais on n’en parle pas, sinon pour condamner non la pratique mais les programmes et l’idéologie des sociauxdémocrates d’Europe. Singulier aveuglement. Les solutions des socialistes étrangers marchent en pratique mais elles échouent en théorie : il faut donc les rejeter.

En un mot, les socialistes français doivent ouvrir les yeux. Leur théorie est admirable mais dépassée, leur pratique honorable mais insuffisante. Débat théorique et travail sur les expériences étrangères : ces vieilles méthodes jadis utilisées dans l’Internationale de Jaurès sont les seules qui ouvrent la voie de l’avenir.

Laurent Joffrin est directeur de la rédaction de Libération

29 septembre 2007

Déficits publics : la droite n'a pas de leçon à donner à la gauche





La rénovation idéologique ne part pas de rien

Reprise d'un post du blog de la section PS de Sciences-Po Paris.
Les idées qui y sont exposées me semblent toujours aussi valables, un an plus tard.

http://ps-scpo.over-blog.com/article-4548402-6.html


Mardi 14 novembre 2006
Discussion avec Olivier Ferrand autour des idées de DSK

* Introduction

Olivier Ferrand est un conseiller de DSK sur les questions européennes, il fait partie du club de réflexion « A gauche en Europe ». Il soutenait Lionel Jospin avant 2002, et a rejoint DSK après le 21 Avril. Ce choix lui semble logique car DSK est celui qui a le mieux tiré les leçons du premier tour de la dernière élection présidentielle. Les Français, ce jour là, ont voulu montrer de façon franche leur désarroi, parce que depuis 1980, la France est le pays qui connaît la plus faible croissance au monde, parce que la France n’est pas sorti du chômage de masse.

Le problème correspond au fait que le capitalisme a changé depuis 30 ans, mais qu’on le traite toujours avec les outils de 1945, ce qui est inutile.

DSK veut rénover la France , lui donner de meilleurs outils, pour qu’elle s’adapte efficacement à la mondialisation.


* Sur l’université

Il considère qu’une faiblesse de notre enseignement supérieur est d’abord quantitative. 25% d’une classe d’âge sort diplômé du supérieur quand ce chiffre est de 80% en Suède ou en Corée du Sud. Il y a donc un véritable problème dans l’économie de la connaissance. En France, aujourd’hui, on produit des contremaîtres, mais pas les cadres et les ingénieurs de 2006. Il faut donc démocratiser l’enseignement supérieur.

Cela passe par plusieurs moyens :

-Par la finance. Aujourd’hui, 1.4% du PIB va à l’université, quand aux Etats-Unis, c’est 3% du PIB qui va à l’enseignement supérieur, sans compter les ressources apportées par le privé.

-Il faut créer des filières pour faciliter le passage du bac à l’enseignement supérieur. Par exemple, les personnes en Bac Professionnel n’ont aucune chance d’aller dans les enseignements professionnels supérieurs (IUT, BTS) puisque les places sont prises par des personnes venant de bac général. Du coup, les personnes venant de Bac Pro partent dans des filières généralistes, où 3% d’entre elles réussissent. Pour luter contre cela il faudrait que les IUT et BTS prennent 50% de personnes venant de bac professionnel.

-Il faut aussi mieux orienter car certaines filières ne sont pas qualifiantes. Par exemple, il y a beaucoup de personnes qui étudient la sociologie, mais peu de postes. Il faut rattacher davantage l’enseignement à l’emploi. Cela passe par une meilleure orientation. Par contre, toute méthode de quota est exclue.

-Il faut faire une insertion des universités dans l’entreprise. Il y a une chair EDF à HEC. L’entreprise n’intervient pas dans le choix des programmes, mais les liens entre les étudiants et l’entreprise sont bénéfiques. Dans les filières scientifiques, il n’y a aucun partenariat de ce type.

-Il y a un problème de transition entre le diplôme et l’emploi. Les recherches ne sont pas du tout structurées en France sur le « marché transitionnel ». Il faut un suivi personnalisé individualisé. Il faut aussi mettre en place une sécurité sociale professionnelle pour les jeunes salariés qui sortent de l’enseignement.

-Il faut démocratiser et élargir la promotion des grandes écoles (le rapport est de 1 à 10 entre HEC et Harvard), et réinvestir beaucoup plus dans l’université. Il ne faut pas casser les grandes écoles puisqu’elles réussissent.



* Sur la compétitivité française

-Si l’on veut une justice sociale, il faut d’abord produire. Jusqu’à présent, la politique mise en place était une politique de relance keynésienne. DSK, ministre de l’économie en 1997 a mené une politique de ce type. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Car la mondialisation a évolué. Cela n’exclut pas une relance des bas salaires, mais cela ne sera pas suffisant pour relancer la croissance. Aujourd’hui, il ne faut plus se focaliser sur la demande mais sur l’offre. Dans la mondialisation, nous n’avons pas investi dans les bons secteurs.

Trois investissements sont nécessaires :

-Dans la recherche et le développement. On doit passer de 1,9% du PIB à un pourcentage entre 3 et 3,5.

-Dans l’enseignement supérieur

-Dans l’innovation. Nous innovons 20 fois moins que les Etats-Unis. Donc il ne faut pas s’étonner que google ne soit pas français.


* Sur les inégalités sociales

Il s’agit avant tout d’un problème territorial. Hier, les inégalités se fondaient sur les classes, et sur l’opposition travail/capital. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins vrai. Le problème est devenu territorial. La république se fragmente et se divise en territoire autonome. Le centre ville regroupe tous les avantages, les lieux de culture, et est habité par les classes aisées. A l’opposé, il y a les ghettos, qui concentrent tous les handicaps : Le chômage, l’échec scolaire…Au milieu, les banlieues périurbaines qui regardent derrière en ayant peur de se faire rattraper par les quartiers défavorisés.

Le problème des ghettos est qu’on demande aux gens qui y vivent de respecter une République, qu’ils ne connaissent pas. Pour tenter de régler ce problème, il faut casser les ghettos urbains, permettre aux familles d’avoir une perspective de sortie des territoires de l’échec. Par ailleurs ces territoires doivent devenir des quartiers de la République.

Il faut mener une politique de la ville cohérente. Renforcer l’équipement public. Aujourd’hui les communes gardent la charge de la TVA sur les équipements, ce qui ne leur permet pas d’investir. Elles doivent aussi payer tous les entretiens de matériel.

Aujourd’hui, il faut donc plus d’argent public et compenser les manques restant par le privé.



* Sur l’immigration

Il n’y a pas de problème de l’immigration en France. Les flux actuels correspondent aux besoins de notre pays. D’ailleurs personne n’entendait parler d’immigration avant que Sarko ne la ressorte. Le problème est ailleurs : L’intégration des populations immigrés depuis plusieurs générations sur le territoire.


* Sur l’environnement

Le problème de la France est relatif car on a la chance d’avoir le nucléaire. Il n’est pas polluant dans sa production et ne produit pas de gaz à effet de serre. Il y a quatre points importants à mener désormais. D’abord il ne faut pas sortir du nucléaire. Ensuite, il faut élargir le bouquet énergétique avec des énergies renouvelables. La France a le deuxième potentiel éolien d’Europe. On a des atouts. Puis, il faut se demander pourquoi les maisons françaises consomment quatre fois plus que les Suisses et deux fois plus que les Allemands. Enfin et surtout, comme les biocarburants nécessiteraient les 2/3 du territoire française pour remplacer le pétrole, il faut se concentrer sur la recherche. Car ce qui remplacera le pétrole, nous ne l’avons pas encore trouvé. Il ne faut pas oublier non plus que le nucléaire est fondé sur l’uranium, qui est une ressource rare (dont la durée ne devrait pas excéder 100 ans). Iter en revanche est une solution durable.


*Sur l’Europe

La France est partiellement à l’origine de l’immobilisme européen. Et il ne faut pas croire que le projet socialiste est le plan B car cela ne sera pas forcément très convaincant pour nos partenaires européens. Donc il reste deux pistes. L’Europe par la preuve, d’après Ségolène, et l’Europe politique pour DSK. C’est évidemment celle-là qu’Olivier Ferrand défend. Pour lui, l’Europe ne sera pas relancé par la preuve car plus personne ne veut confier de nouvelles compétences à l’UE sans qu’elle n’ait une légitimité institutionnelle et démocratique. La commission européenne agit indépendamment du vote des électeurs européens, et indépendamment de la tendance politique parmi les chefs d’Etat. Pour être ambitieux, il faudrait faire un état proto-fédéral avec ceux qui le souhaitent (l GB et le Danemark ne voudront pas) et élargir ensuite.


* Sur la décentralisation

« Il faut mettre un peu d’ordre dans le bordel qu’on a crée ». Aujourd’hui, pour créer une crèche, il faut avoir l’aval de cinq administrations différentes, et l’une après l’autre. Du coup, ça prend environ cinq ans. Il faudrait qu’il n’y ait qu’une seule collectivité responsable par dossier.


*Sur le financement

Une fois qu’on aura la croissance, on pourra avancer. A court terme, il y a des priorités : La réforme de l’Etat : Quand deux administrations font la même chose et qu’il y a 70 000 personnes dans chaque administrations, ça pose un problème. Il y a en Angleterre 40 000 personnes qui font ce que l’on fait avec 130 000 personnes en France.

Par ailleurs, l’aide publique aux entreprises, qui est à hauteur de 3 points de PIB peut être amélioré en effectuant une meilleure allocation des ressources. Aujourd’hui, on donne aux grandes entreprises alors qu’il faudrait donner aux petites. On baisse les charges quand il faudrait favoriser la recherche, on donne aux entreprises localisées à Paris quand on devrait aider celles en Province.

Par ailleurs, comment relancer la croissance ? En ce qui concerne le salaire des grands patrons, il faut trouver un équilibre entre un salaire trop indécent, et une restriction qui pousse l’entreprise à partir. Aujourd’hui, quand un patron « vaut » 10 000 fois plus qu’un ouvrier, c’est scandaleux. Il faut aussi limiter les frais de départ, d’autant que souvent le départ se fait parce que le PDG a obtenu de mauvais résultats. Mais il ne faut pas aller trop loin sinon ça atteint notre économie. C’est le problème actuel : On essaye de régler sur le plan national ce qui devrait être fixé au plan mondial (cf. La Démocratie Monde de P. Lamy)


*Sur la solidarité entre territoire

Le problème central, c’est la commune (au moins pour les banlieues). Aujourd’hui, le problème provient du fait que l’argent d’une mairie pauvre provient des habitants de la ville qui sont eux-mêmes pauvres. Il faut mettre en place des mécanismes de péréquations pour que l’argent des endroits riches puisse aller dans les endroits pauvres, et que les municipalités qui touchent moins d’argent que les autres soient les mairies riches.


*Sur le plein emploi

Il faut d’abord développer l’économie de la connaissance pour qu’il y ait une croissance dans les emplois qualifiés. Par ailleurs, il faut admettre que tout le monde ne sera pas cadres, et il y a beaucoup d’emploi très utile et qui ne requiert pas énormément de qualifications. Il faut aussi voir la question de la sécurité sociale professionnelle. Aujourd’hui quand vous perdez votre emploi et que vous êtes non qualifié, vous n’en retrouvez pas. Les salariés peu qualifiés ont un savoir pas matérialisé dans un diplôme mais dans la pratique… Mais quand ils perdent leurs jobs, ils ne peuvent pas indiquer cela dans un CV. Il faut que l’on puisse valider les acquis et l’expérience, pour que cela puisse s’inscrire dans un CV. Par ailleurs, aujourd’hui seules les personnes ayant un emploi, peuvent bénéficier d’une formation professionnelle. Il faut que cela soit ouvert à tous


*Sur la relance de la croissance

Les secteurs d’avenir sont les biotechnologies, les nouvelles technologies, les technologies de la santé. Par ailleurs pour la croissance, il faut rétablir la confiance car c’est un phénomène qui joue beaucoup. Il faut revenir sur la baisse d’impôt faite pour les plus riches, car s’ils ont plus d’argent, alors celui-ci va être épargné. Alors que les personnes les plus pauvres l’investiront ce qui sera favorables à la croissance. Par ailleurs, la BCE a pour objectif de relancer la croissance si la stabilité des prix est assurée. Aujourd’hui, c’est le cas. Il faut un changement de politique monétaire de la BCE et il faudrait un ministre des finances de la zone euro qui pourrait jouer plus facilement sur la croissance.


*Sur les actionnaires

Tous les économistes ne sont pas d’accord sur la distorsion de la valeur ajoutée au profit des actionnaires et au détriment des salariés. Certains insistent sur le fait que la hausse de la part des actionnaires provient de la baisse de la part des porteurs. Mais ce qui est sur, c’est que cela n’est pas en la faveur du salarié. Il faut rétablir un rapport de force favorable dans les négociations syndicales. Il ne faut pas qu’il y ait un fort (patron) contre des faibles (syndicat). On peut aussi changer le rapport de force en mettant plus de salariés dans les AG.


* Sur les retraites

Partout dans le monde, le système de retraite par capitalisation connaît des problèmes. Le problème démographique est partout le même, quel que soit le système mis en place. Quand hier il y avait 4 actifs pour 1 retraité, il y a aujourd’hui 2 actifs pour 1 retraité, et demain ce sera 1 – 1. On ne peut pas continuer avec ce système qui coûtera quatre fois plus cher. Il faut être courageux. Il n’y a pas 36000 solutions mais seulement 3.

-Soit on allonge la durée du travail

-Soit on augmente les cotisations des actifs

-Soit on baisse les pensions des retraités

Olivier Ferrand précise que son avis n’est pas celui de tous les Strauss-kahniens, mais il est en faveur d’une diminution de la pension des retraités des classes moyennes et riches qui aujourd’hui, financent leurs enfants.


*Sur la mixité sociale.

Les maires des villes de banlieues déclarent souvent qu’il faut conserver les gens des banlieues qui réussissent dans leur ville d’origine, car si les élites s’en vont, ça pose problème. Pour cela, il faut qu’il y ait la possibilité d’évoluer dans la même ville, de passer du HLM au pavillon. Il faut par ailleurs faire respecter la loi SRU en augmentant l’amende si celui-ci n’est pas payé.

Par ailleurs, dans Paris, les prix sont tellement chers que l’Etat ne peut pas racheter de nouveaux établissements. Il faut donc faire confiance au privé. On peut imaginer demander aux prometteurs un quota de 25% de logements sociaux privés.


* Sur l’Europe

Il faut avoir la zone d’influence la plus grande possible. Si la Turquie et le Maghreb sont avec nous et pas avec les Etats-Unis ou la Chine , ça vaut le coup. Cela ne veut pas dire qu’il y aura 50 pays dans l’UE dans 50 ans. Cela signifie qu’il y aura un cœur très avancé, pour ceux qui veulent aller de l’avant, c’est-à-dire avoir un cœur politique commun. Cela ne concernera pas les 25 pays qui ne veulent pas tous franchir ce pas. Puis, il y aura plusieurs zones d’influence autour de ce cœur. L’ennui, c’est qu’aujourd’hui, on ne peut proposer qu’une seule chose : L’adhésion. Le partenariat privilégié, qui vise à donner les mêmes devoirs au pays sans lui donner les mêmes droits ne peut pas marcher. Si on a un système avec un cœur et plusieurs zones d’influence, alors l’association du Maghreb et de la Turquie à l’UE ne pose plus de problème.

15 avril 2007

Le 22 avril, votons Ségolène Royal

Le 22 avril, votons Ségolène Royal. Je ne veux pas revivre un 21 avril bis. Cette fois, on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas. Désormais, chaque voix compte. Autour de vous, essayez de convaincre les personnes encore indécises.

Dimanche prochain, je tiendrai un bureau de vote. La journée sera longue. J'espère vraiment que la victoire sera au bout pour la candidate socialiste.